Parc national du Manovo-Gounda St Floris

Central African Republic
Inscribed in
1988
Criteria
(ix)
(x)

Résumé

2017 Conservation Outlook

Finalised on
08 nov 2017
Critiques
Le site est menacé par les activités humaines permanentes (braconnage, pâturage, agriculture, feux, extraction de diamants, insécurité) qui ont eu un impact considérable sur la flore et la faune. La combinaison des menaces existantes rend la situation complexe. L’insécurité, ainsi que le manque de moyens de la zone, ne permettent aucun contrôle. La surface est trop vaste pour pouvoir être réellement contrôlée, et les gardes se trouvent trop loin du site-même. Il est urgent d’élaborer un plan d’action d’urgence alors que le dernier recensement aérien montre un déclin de 75% des grands mammifères au cours des 5 dernières années. Les dernières populations de grands mammifères se concentrent désormais à la périphérie du site. Sur la base des inventaires aériens conduits en 2010, on peut conclure que le bien a perdu sa valeur universelle exceptionnelle. Toutefois, il reste un potentiel de régénération des populations de faune à partir des poches relictuelles de biodiversité et des échanges avec les zones avoisinant le bien, mais ce potentiel est très fragile. Seules des mesures d’urgence, accompagnées de l’assistance internationale et de l’engagement ferme de l’État pourraient maintenir ce potentiel. Il est indispensable que le plan d’urgence soit élaboré rapidement et que la faisabilité de la restauration de la VUE du bien soit évaluée.

Current state and trend of VALUES

Critical
Trend
Deteriorating
La situation, à l’instar de la tendance, est très critique. Le site est menacé par les activités humaines permanentes (braconnage, pâturage, agriculture, feux, extraction de diamants, insécurité générale) qui ont eu un impact considérable sur la flore et la faune. Les dernières populations de grands mammifères se concentrent désormais à la périphérie du site. Selon les inventaires aériens réalisés en 2010, on peut conclure que le bien a perdu sa valeur universelle exceptionnelle. Toutefois, il reste un potentiel de régénération des populations de faune à partir des poches relictuelles de biodiversité et des échanges avec les zones avoisinant le bien, mais ce potentiel est très fragile. Seules des mesures d’urgence, accompagnées de l’assistance internationale et de l’engagement ferme de l’État pourraient maintenir ce potentiel.

Overall THREATS

Very High Threat
Les menaces actuelles ont atteint un niveau très élevé constant depuis longtemps. Le braconnage et le pâturage associés à l’insécurité (bien que légèrement moins intense) sont sans aucun doute les principaux problèmes, mais les feux, l’agriculture, et l’exploitation minière, constituent également, avec les principales menaces, une menace extrêmement élevée pour les valeurs et l’intégrité du site. La difficulté à maintenir et restaurer les valeurs naturelles du site est liée à la combinaison de ces problèmes.

Overall PROTECTION and MANAGEMENT

Serious Concern
La situation est réellement préoccupante. Le plan d’action d’urgence n’est toujours élaboré et les mesures correctives sont difficilement mises en place. L’appui des projets ECOFAUNE+ et PCBAC-SEAC n’est pas négligeable mais il est difficile d’évaluer son impact réel sur la gestion globale du bien et sur la restauration de sa VUE. Il devrait certes permettre de mettre en place certaines activités et de faciliter la présence du personnel sur place. Enfin, l’insécurité liée à la présence de groupes armés dans et autour du bien compromet la mise en place efficace de toute activité de gestion et de protection du parc.

Full assessment

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Finalised on
08 nov 2017

Description of values

La faune très riche des savanes soudano-sahélienne et soudano-guinéenne

Criterion
(x)
Plusieurs espèces importantes du point de vue de la conservation vivent dans le parc, comme le rhinocéros noir, l’éléphant, le léopard, le guépard, le lycaon, le bec-en-sabot, et le crocodile. Malheureusement, le braconnage continue d’avoir un impact important sur le nombre de rhinocéros et d’éléphants, après avoir affecté déjà le léopard et le crocodile. La gazelle à front roux est également présente, à la limite sud du parc. Au sein de la région de St Floris, la concentration la plus importante de grands mammifères semble être celle des cobes, alors que neuf autres ongulés se trouvent également en nombre plutôt important : le céphalophe, le cobe à croissant, le bubale roux, l’ourébi, le damalisque sassaby, le rédunca, le buffle, et le phacochère. Parmi les autres grands mammifères notables ou remarquables, il faut citer l’hippopotame, l’antilope rouanne, le lion, la girafe, et l’éland de Derby. Le chat doré, le céphalophe à flanc roux, et le céphalophe à dos jaune, comptent parmi les espèces moins communes. Quelques 320 espèces d’oiseaux ont été identifiées, dont au moins 25 espèces de rapaces comme le bateleur des savanes et l’aigle pêcheur africain. On y trouve également de vastes populations saisonnières de pélicans et de marabouts, et le parc est susceptible d’être très important pour les oiseaux aquatiques et de rivage (site internet du CPM/UNESCO, 2012).

La plus grande savane d’Afrique centrale

Criterion
(ix)
Le Parc national du Manovo-Gounda St Floris recèle de formations naturelles extraordinaires. Le parc est situé à cheval sur les zones biogéographiques soudano-sahélienne et soudano-guinéenne. Il en résulte une variété d’habitats de pleines herbeuses au nord aux savanes arborées avec des forêts galeries au sud. Le bien englobe la totalité des bassins versants de trois grands cours d’eau (Manovo, Koumbala et Gounda), avec des plaines d’inondation herbeuses et des zones humides. Les plaines sont entrecoupées de petits inselbergs granitaires, avec au sud le massif de grès accidenté des Bongos. Les plaines sont soumises à la fois aux inondations et aux feux, et cela se reflète dans une certaine mesure dans la végétation. Plus au sud, les zones plus élevées sont recouvertes par une savane de bambou, et des étendues boisées associées aux terrains accidentés des sources des cours d’eau. (DVUE, 2011)

Assessment information

Very High Threat
Les menaces actuelles ont atteint un niveau très élevé constant depuis longtemps. Le braconnage et le pâturage associés à l’insécurité (bien que légèrement moins intense) sont sans aucun doute les principaux problèmes, mais les feux, l’agriculture, et l’exploitation minière, constituent également, avec les principales menaces, une menace extrêmement élevée pour les valeurs et l’intégrité du site. La difficulté à maintenir et restaurer les valeurs naturelles du site est liée à la combinaison de ces problèmes (RCA/ECOFAC/Cites/UE/Mike, 2010).
Fire/ Fire Suppression
High Threat
Inside site
Outside site
Des feux sont fréquemment allumés au gré des diverses activités illégales (chasse, pâturage, et agriculture). Ceux feux contribuent aussi à modifier lourdement les écosystèmes. Selon le relevé aérien de 2010, les feux sont plutôt importants à la périphérie sud du site (zones cynégétiques villageoises, réserves de chasse), et certains sont situés au sein même du parc (dans le sud du parc). (RCA/ECOFAC/Cites/UE/Mike, 2010)
Crops
High Threat
Inside site
Certaines activités agricoles ont été recensées à l’intérieur du site. Elles ne sont pas très étendues, mais contribuent tout de même aux menaces globales actuelles. Le relevé aérien de 2010 a permis de repérer plusieurs champs à la périphérie sud du site (zones cynégétiques villageoises) et un champ à la limite nord du site (RCA/ECOFAC/Cites/UE/Mike, 2010). Des coupes rases liées à l’agriculture ont également été observées. (UNEP/WCMC, 2012)
Livestock Farming / Grazing
Very High Threat
Inside site
, Widespread(15-50%)
Outside site
L’une des principales menaces, toujours en cours actuellement (UNESCO, 2017), provient des activités de pâturage au sein du site, liées à la transhumance des troupeaux venus de République centrafricaine, du Tchad, et du Soudan. D’après le dernier relevé aérien (2010), le nombre total d’animaux domestiques au sein du site s’élève à environ 280.000 têtes, mais serait certainement plus élevé si l’inventaire aérien était conduit durant les périodes de grandes migrations lors de la transhumance. Il faut comparer ces chiffres à ceux de la faune sauvage lors de la dernière estimation (2010) : 50.000. (RCA/ECOFAC/Cites/UE/Mike, 2010)
Hunting (commercial/subsistence),
Poaching
Very High Threat
Inside site
, Throughout(>50%)
Outside site
Le braconnage des grands mammifères perpétré par des groupes transfrontaliers lourdement armés a provoqué une grave raréfaction de la faune sauvage en raison de la détérioration de la situation sécuritaire. L’éléphant de savane comme d’autres grands mammifères ont presque disparu du site. La chasse de subsistance est aussi importante au sein du site. Le dernier relevé aérien (2010) montre une diminution de 75% des grands mammifères par rapport à l’étude précédente (2005).
Mining/ Quarrying
High Threat
Inside site
, Localised(<5%)
L’extraction à petite échelle de diamants existe, et perturbe la faune et la flore ainsi que les rivières, venant ajouter des problèmes à ceux créés par les autres menaces. L’exploitation de diamants est importante à la périphérie sud du site (zones cynégétiques villageoises, réserves de chasse). Seul un site a été repéré en 2010 lors de la reconnaissance aérienne. (RCA/ECOFAC/Cites/UE/Mike, 2010). L’exploitation minière artisanale est toujours en cours et fait partie des activités ayant un impact négatif sur la VUE du bien (RCA, 2017).
War, Civil Unrest/ Military Exercises
Very High Threat
Inside site
, Throughout(>50%)
Outside site
Fin 2007, le conflit civil était intense dans le nord-est du pays, et non loin de la frontière avec le Tchad. En 2009, le bien souffrait encore des effets perturbateurs des conflits et de l’arrivée des rebelles de l’Armée de résistance du Seigneur. En 2013, le gouvernement est renversé par la rébellion seleka ce qui compromet la sécurité dans tout le pays.
En 2015, a eu lieu le Forum National de Bangui relatif à la restauration de la paix où certains engagements ont été pris pour améliorer la situation sécuritaire. Cependant, bien que l’Etat partie ait noté une légère accalmie dans la région Nord (RCA, 2017), la situation sécuritaire locale et générale reste très mauvaise, et rend la gestion et la protection du site presque impossibles. Les braconniers, les pasteurs nomades, et les mineurs de diamants sont lourdement armés. Des rebelles de diverses régions (effets collatéraux du conflit du Darfour) et des groupes armés de la LRA sont toujours présents (RCA, 2016). Malgré la présence des forces armées internationales dont celles de l’opération Sangaris à Ndélé qui appuient les écogardes dans leurs missions de surveillance, l’insécurité reste un problème majeur pour la conservation du bien (RCA, 2017).
Data Deficient
Il est possible qu’une prospection pétrolière soit en cours au sein du bien, accompagnée des activités de braconnage associées (UNESCO, 2011, EDC).
Oil/ Gas exploration/development
Data Deficient
Inside site
Outside site
Depuis janvier 2011, une compagnie pétrolière chinoise, la China National Petroleum Corporation (CNPC) est présente à Gordil (l’une des bases du parc). Il est possible qu’une prospection pétrolière soit en cours au sein du bien, accompagnée des activités de braconnage associées (UNESCO, 2011, EDC).
Les menaces actuelles ont atteint un niveau très élevé constant depuis longtemps. Le braconnage et le pâturage associés à l’insécurité (bien que légèrement moins intense) sont sans aucun doute les principaux problèmes, mais les feux, l’agriculture, et l’exploitation minière, constituent également, avec les principales menaces, une menace extrêmement élevée pour les valeurs et l’intégrité du site. La difficulté à maintenir et restaurer les valeurs naturelles du site est liée à la combinaison de ces problèmes.
Relationships with local people
Serious Concern
Les rapports avec les éleveurs nomades sont très difficiles, dans la mesure où ils pénètrent à présent dans le site avec des armes ou accompagnés de mercenaires armés (UNEP/WCMC, 2012). Des campagnes de sensibilisation et de formation des populations locales ont été lancées dans le cadre des actions ECOFAC depuis 2008 (RCA, 2011), mais le manque de consultation persiste (UICN, 2009). Toutefois, plusieurs formations des populations locales sont en projet pour le deuxième semestre 2017 et une implication plus importante des communautés locales dans la gestion des aires protégées du Nord-Est dont le PNMGSF est signalée par l’Etat partie (RCA, 2017).
Legal framework
Serious Concern
Un code de protection de la faune existe depuis 1984. Les ZCV qui n’avaient pas de statut légal ont été intégrées récemment dans ce code (RCA, 2016). En 2017, l’Etat partie annonce un renforcement des dispositions législatives et règlementaires concernant la criminalité faunique (code de protection de la faune, stratégie nationale de LAB et plan d’action national pour l’utilisation durable de la faune sauvage par les communautés autochtones et locales) (RCA, 2017).
Cependant, toute activité de mise en œuvre est presque impossible en raison de la situation d’insécurité.
Enforcement
Serious Concern
Toute activité de mise en œuvre est presque impossible en raison de la situation d’insécurité. En 1997, le parc était administré par un gestionnaire et un assistant avec cinq gardes, avec le renfort occasionnel de personnel militaire lors des patrouilles anti-braconnage. Le concessionnaire à l’époque employait dix personnes pour des tâches liées à la gestion (informations non datées). En 2009, après 10 ans d’interruption, 60 agents des eaux et forêts nouvellement formés ont rejoint les 60 gardes-patrouilleurs de l’ECOFAC déjà en poste, afin de commencer à restaurer l’ordre (UNEP/WCMC, 2012), mais aucune information n’indique si ces agents ont pénétré dans le site (UNESCO, 2011, EDC).
Integration into regional and national planning systems
Serious Concern
La RCA fait maintenant partie du Programme de Conservation de la Biodiversité d’Afrique Centrale – Sauvegarde des Eléphants d’Afrique Centrale (PCBAC-SEAC) qui a pour objectif de stabiliser la taille de la population d’éléphants de savane au Cameroun et au Tchad et d’appuyer les institutions en charge de la protection de la faune et de la flore en RCA. Il prévoit une gestion transfrontalière améliorée avec des volets de lutte anti-braconnage et de sensibilisation (RCA, 2017). Les détails sur l’avancée de ce programme et le calendrier de mise en œuvre des différentes activités ne sont pas encore disponibles.
Management system
Serious Concern
C’est le Ministère des Eaux et Forêts, chasse et Pêche (MEFCP) qui est chargé de la gestion de la faune et de la lutte anti-braconnage (LAB). Le système de gestion s’est longtemps avéré complètement inefficace dans le contexte d’insécurité prédominant dans la région. Une nouvelle stratégie de gestion a été établie, proposant un zonage du bien pour définir un noyau central entouré de zones cynégétiques villageoises (ZCV), la construction de bases de surveillance avancée, un plan d’aménagement de l’ensemble du territoire nord-est redéfinissant les couloirs de transhumances et les zones de pacage, le renforcement des effectifs de l’équipe de surveillance du parc et des ZCV périphériques et la mise en place d’un conseil d’administration des ZCV du Nord-Est. Cette stratégie a été approuvée par l’État partie en 2010 (UNESCO, 2011, EDC) et est à nouveau évoquée dans le rapport de l’Etat partie en 2016 comme étant en cours de validation (« validation du processus d’élaboration participative d’une stratégie de gestion des AP du Nord-Est »). Le rapport de l’Etat partie de 2017 signale que le processus d’élaboration d’un plan d’aménagement du territoire est en cours et qu’il devra être suivi d’un plan d’aménagement et de gestion du PNMGSF et d’un plan simple de gestion des ZCV. Un accord tripartite de lutte anti-braconnage a été signé entre la RCA, Le Tchad et le Cameroun (RCA, 2017).
Management effectiveness
Serious Concern
La situation politique créée par le renversement du gouvernement en place par la rébellion seleka le 24 mars 2013, a compromis la mise en œuvre des mesures correctives et la préparation d’un plan d’action d’urgence nécessaires à la sauvegarde de la valeur universelle exceptionnelle du bien (Rapport sur l’EDC, 2013). L’insuffisance criante de moyens financiers, humains et logistiques est également un frein majeur à la réalisation des activités. Toutefois, l’Etat partie fait des efforts, avec l’appui des projets ECOFAUNE+ et PCBAC-SEAC, pour entamer le processus de renforcement progressif de la protection de la faune dans la zone du bien, notamment en matière de lutte anti-braconnage et de surveillance de la transhumance transfrontalière en coopération avec les Etats voisins (Unesco, 2017). En 2017, l’Etat partie rapporte 35 missions de LAB effectuées d’août 2016 à janvier 2017. Des achats importants ont également été réalisés : trois véhicules et dix motos ; des équipements de terrain pour les écogardes (uniformes, tentes, jumelles vision nocturne, gilets pare-balle) ; du matériel de surveillance (3 drones et 12 pièges photo), du matériel de communication et de navigation (téléphones satellites, radios VHF, radio relai, GPS) (RCA, 2017).
Implementation of Committee decisions and recommendations
Serious Concern
Le site est inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril depuis 1997. Le Comité du patrimoine mondial a décidé d’un plan d’urgence à court terme concernant : a) la restructuration de la gestion du parc, b) le renforcement du personnel d’encadrement, c) l’augmentation du nombre et de la formation du personnel d’exécution, d) le zonage fonctionnel du parc avec une zone prioritaire d'intervention, e) un plan d'action ciblé sur la restauration de la sécurité et de la tranquillité, f) un budget prévisionnel adapté à ces priorités, g) un plan de sortie de crise à engager en parallèle. Les décisions et recommandations du Comité n’ont eu que peu d’effet réel en raison de la situation nationale et locale (COM31/7A.1, COM32/7A.1, 33COM/7A.1). L’insécurité continue de compliquer la mise en œuvre des mesures correctives adoptées par le Comité lors de la 33e session (UNESCO, 2016) et de retarder l’organisation d’une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN, comme demandé par le Comité à maintes reprises (la dernière datant de 2009) (UNESCO, 2017). Toutefois, un atelier pour l’élaboration d’un Plan d’urgence pour la sauvegarde du bien, comme demandé par le comité à plusieurs reprises, devrait être organisé durant le 2ème semestre 2017 (RCA, 2017). La mise en œuvre des projets ECOFAUNE+ et PCBAC-SEAC qui devraient participer au processus de renforcement de la protection de la faune témoigne également de la volonté de l’Etat partie de répondre aux recommandations du Comité (RCA, 2017).
Boundaries
Some Concern
Les délimitations du site sont claires, mais le site est estimé trop vaste pour être contrôlé (UICN, 2009). La stratégie de gestion des aires protégées du nord-est du parc propose un zonage du bien avec des noyaux centraux entourés de zones cynégétiques villageoises (ZCV) (UNESCO, 2010, EDC). Même si cette stratégie a été approuvée par l’État partie (UNESCO, 2011, EDC) et que son processus d’élaboration participative a été validé (RCA, 2016) elle n’est toujours pas mise en œuvre.
Sustainable finance
Serious Concern
Peu d’informations spécifiques au site sont disponibles, mais il semble que le budget alloué par l’État est largement insuffisant. Le parc bénéficie depuis de nombreuses années d’une importante assistance financière internationale. La subvention EEU/FED de 27 millions de dollars américains accordée en 1988 pour contrôler le braconnage et le pâturage pendant dix ans a été suivie en 1997 de financements versés par une fondation privée pour poursuivre le travail. En 2001, le Bureau du patrimoine mondial a approuvé une subvention de 150.000USD pour un plan de réhabilitation d’urgence. 146.650USD supplémentaires ont ensuite été alloués pour l’assistance d’urgence et la coopération technique (UNEP/WCMC, 2012). Dans le cadre du programme PCBAC-SEAC financé par la BAD, la Caisse d’Affectation Spéciale et de Développement Forestier (CASDF) a financé une action de relance des activités du secteur de l’économie cynégétique dans le Bamingui-Bangoran d’un montant de 260 000USD pour une durée d’exécution de deux ans. Une convention de financement a également été signé avec l’Union Européenne pour le projet ECOFAUNE+ (montant non communiqué) (UNESCO, 2016).
Staff training and development
Serious Concern
Une formation du personnel sur la LAB devrait avoir lieu en 2017 (deux cessions : avril et novembre) (RCA, 2017).
Sustainable use
Data Deficient
Data Deficient
Education and interpretation programs
Serious Concern
En raison de l’insécurité ambiante, il n’existe pas de programme d’éducation ni d’interprétation. La société privée chargée du tourisme, Manovo S.A., a procédé à une gestion limitée du parc, comme la classification des traces animales et le brûlage dirigé pour améliorer l’observation de la faune, mais il est difficile de savoir dans quelle mesure ces actions ont été réalisées en coordination avec la direction du parc. Presque tous les efforts de gestion se sont concentrés sur le fait de limiter le braconnage très intense et d’empêcher le pâturage dans l’enceinte du parc. (UNEP/WCMC, 2012)
Tourism and visitation management
Serious Concern
Le tourisme est impossible dans la région (UNEP/WCMC, 2012). Cela a entraîné une réduction drastique des safaris de chasse, qui représentaient une source de revenus très importante pour le site et la région. (RCA/ECOFAC/Cites/UE/Mike, 2010)
Monitoring
Some Concern
Grâce à l’assistance internationale, le suivi a été assuré régulièrement jusqu’en 2010 : 1969/1970, 1977, 1978, 1985, 1991, 1998, 2005, 2010. (RCA/ECOFAC/Cites/UE/Mike, 2010). Cependant, faute d’appui de la part du programme MIKE aucun inventaire n’a été réalisé depuis 7 ans (RCA, 2017) ce qui est extrêmement préoccupant étant donné l’absence de contrôle et de gestion au sein du bien et l’état déjà alarmant des populations animales en 2010.
Research
Serious Concern
Le domaine de recherche se trouve à un niveau très bas et n’offre pas suffisamment d’éléments pour améliorer la conservation et la gestion du site (UNESCO, 2009).
La situation est réellement préoccupante. Le plan d’action d’urgence n’est toujours élaboré et les mesures correctives sont difficilement mises en place. L’appui des projets ECOFAUNE+ et PCBAC-SEAC n’est pas négligeable mais il est difficile d’évaluer son impact réel sur la gestion globale du bien et sur la restauration de sa VUE. Il devrait certes permettre de mettre en place certaines activités et de faciliter la présence du personnel sur place. Enfin, l’insécurité liée à la présence de groupes armés dans et autour du bien compromet la mise en place efficace de toute activité de gestion et de protection du parc.
Assessment of the effectiveness of protection and management in addressing threats outside the site
Serious Concern
Les menaces à l’extérieur du site sont les même qu’à l’intérieur, mais il semble que les zones cynégétiques villageoises et le Parc national voisin de Bamingui Bangoran bénéficient d’un meilleur niveau de conservation que le site-même. La faune semble se réfugier dans ces zones.
World Heritage values

La faune très riche des savanes soudano-sahélienne et soudano-guinéenne

Critical
Trend
Deteriorating
Le dernier relevé (2010) montre que certaines espèces ne sont pas loin de l’extinction au sein du site (éléphants, girafes). Par rapport au relevé précédent (2005), la densité de la faune a été réduite de 75%. Une grande majorité de ces espèces se trouvent en-dehors du site, dans les zones cynégétiques villageoises.
Concernant les principales espèces, les chiffres sont effrayants : Éléphant=0, Hippopotame=0, Girafe=0, Éland de Derby=152, Buffle=13, Antilope rouanne=0, Bubale roux=152, Blesbok=0, Cobe à croissant=0, Cobe=184 (RCA/ECOFAC/Cites/UE/Mike, 2010). Sur la base des recensements aériens de 2010, on peut conclure que le bien a perdu sa valeur universelle exceptionnelle. Toutefois, il reste un potentiel de régénération des populations de faune à partir des poches relictuelles de biodiversité et des échanges avec les zones avoisinant le bien, mais ce potentiel est très fragile (Rapport sur l’EDC, 2013).

La plus grande savane d’Afrique centrale

Critical
Trend
Deteriorating
Le braconnage, le pâturage, les feux, l’agriculture, et la présence de rebelles constituent des menaces permanentes depuis longtemps, et la situation est extrêmement critique. Un effort constant sera nécessaire pour améliorer la tendance, ainsi qu’une assistance internationale solide combinée à un engagement ferme de la part de l’État.
Assessment of the current state and trend of World Heritage values
Critical
Trend
Deteriorating
La situation, à l’instar de la tendance, est très critique. Le site est menacé par les activités humaines permanentes (braconnage, pâturage, agriculture, feux, extraction de diamants, insécurité générale) qui ont eu un impact considérable sur la flore et la faune. Les dernières populations de grands mammifères se concentrent désormais à la périphérie du site. Selon les inventaires aériens réalisés en 2010, on peut conclure que le bien a perdu sa valeur universelle exceptionnelle. Toutefois, il reste un potentiel de régénération des populations de faune à partir des poches relictuelles de biodiversité et des échanges avec les zones avoisinant le bien, mais ce potentiel est très fragile. Seules des mesures d’urgence, accompagnées de l’assistance internationale et de l’engagement ferme de l’État pourraient maintenir ce potentiel.

Informations complémentaires

Organization/ individuals Project duration Brief description of Active Projects
1 ECOFAUNE+ Projet Ecosystèmes Fauniques du Nord-est de la RCA financé par le fonds européen BEKOU. Les objectifs de ce projet sont la réduction de la pression des usagers transfrontaliers sur les ressources naturelles à travers une surveillance constante, la contribution au dialogue régional sur la transhumance transfrontalière et la lutte anti-braconnage, la formation des jeunes pour leur insertion dans la vie professionnelle et la reprise des activités touristiques pour revitaliser l’économie locale.
2 PCBAC-SEAC Projet de conservation de la biodiversité d’Afrique centrale – Sauvegarde des éléphants d’Afrique centrale financé par la BAD. Il vise à appuyer les institutions en charge de la protection de la faune et de la flore en RCA pour améliorer la gestion transfrontalière de la lutte anti-braconnage et faire de la sensibilisation.
Site need title Brief description of potential site needs Support needed for following years
1 N.A. Définition d’un programme de coopération transfrontalière avec les aires protégées, les forêts protégées, et les réserves de chasse du Tchad.

Références

Références
1 FAO, 2004, Situation des Ressources génétiques forestières de la République Centrafricaine, Rome, 48 p.
2 RAPAC, 2009, Afrique centrale et tourisme: réflexions autour du développement touristique, Libreville, 23 p.
3 RCA, 2011, Rapport sur l'état de conservation, 5 p.
4 RCA, 2016. Rapport actualisé sur l’état de conservation du patrimoine mondial de Manovo Gounda Saint-Floris. 6 p.
5 RCA, 2017. Rapport sur l’état conservation du parc national Manovo Gounda Saint Floris inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en péril.
6 RCA/ECOFAC/Cites/UE/Mike, 2010, Inventaire aérien 2010 des grands mammifères dans le nord de la République centrafricaine, 73 p.
7 UICN, 2009, Manovo Gounda St Floris NP: Emergency Plan, Ouagadougou, Burkina Faso 6 p.
8 UNEP/WCMC, 2012, World Heritage Sites, Manovo Gounda St Floris, 7 p
9 UNESCO, 2016. Rapport sur l’état de conservation du parc national de Manovo-Gounda Saint Floris.
10 UNESCO, 2017. Rapport sur l’état de conservation du parc national de Manovo-Gounda Saint Floris.
11 Unesco, 2009, Rapport de mission, 33COM/7A.Add, 25 p.
12 Unesco, 2011, SOC, 35COM/7A, 68 p.
13 Unesco,2010, SOC, 34COM/7A.Add, 5 p.
14 Unesco/IUCN/Earth Conservancy, 2001, Rapport de mission, CONF.205/INF.6, 38 p.
15 WCS /RCA, 2010, Statut de conservation du lion en République Centrafricaine, 77 p.